"Il n'y a pas d'amour heureux", ouais t'avais raison Louis. D'ailleurs le mot heureux n'existe que dans nos fantasmagories. Je vous arrête tout de suite, j'suis pas dépressif, ni pessimiste, aisé est de coller des étiquettes sur des têtes, fixez-en donc sur la vôtre, vous verrez comme c'est si peu comique, quand la boue et la réduction vous touche de plus près. C'est le principe du stylo qui fuit, ça fuit mais t'arrives pas à savoir d'où ça vient, alors tu lui colles un peu partout des bouts d'mouchoirs qui pompent assez vite toute l'encre. Bah toi t'es ce stylo et moi un d'ces putains d'bouts de mouchoirs. J'dégouline de ta peine. J'dégouline de nos peines. Le plomb de nos soldats fond à une vitesse folle. Tu veux quoi ? Que j'me recoud le bide à coup d'dopamines, à coup d'endorphines ? « il n'y a pas d'amours heureux », t'entends ? Tu comprends ? Au delà de tes raisonnements mièvres et manichéens, tu réalises ? Il y a pas de flower power , il y a pas d'idéal qui vaut la peine, tout foire quand on veut que tout soit parfait, tout foire quand on veut être heureux. Ah oui, il y a les microcosmes illusoires, où l'on se dorlote de petits c½urs, et de colombes super blanches grâce à Ariel et notre machine à laver payée sur 6 mois, dans notre cuisine toute équipée, pour laquelle on s'est endetté quatre saisons fois dix. Mais regardes autour de nous putain, il y a que des divorces, des frigos vides, des parents paumés, des obèses et des anorexiques, tout part en couilles, monde carré, à l'envers, calé entre deux pages publicitaires. J'veux de la poésie, pas de la consolation. J'veux oser, pas me résigner. Mais c'pas des moineaux qui se libèrent d'entre mes bras, mais des cafards et des blattes d'entre mes lèvres. Te dire que t'es belle n'a pas suffit, t'as fini les veines mauves, et j'suis nostalgique de tes draps, et chacune d'tes tâches de rousseur me manque. Et mon père n'est plus ce héros, mais un diabétique dépressif, qui s'est jamais remis du départ de ma mère. Y a pas de famille, y a que des histoires de baises, de bites et de vagins, ça fait pas plaisir à lire je sais, mais on va pas se cacher toutes notre vie dans des walt Disney dépassés. J'éponge vos peines, je porte tout en moi, vos rêves comme votre pâleur titubante. J'ai grandis dans un endroit où le soleil est gris, où le ciel est gris, les murs gris, le sol gris, tout est gris putain, un jardin gris, même nos âmes sont grises. Alors on se défonce l'encéphale de coke, de shit et de JB. On finit derrière des vitrines à 'dam, à sodomiser des putes bon marché. On décolle plus de nos bancs, de nos halls, de nos carcasses de béton. Pythagore et Thalès vous m'avez servi à rien. Y a pas de triangles dans mon quotidien, que des putains de lignes droites, et nos esprits cabossés. Dieu n'est qu'un fils de pute, et quand l'homme arrêtera de croire en cet illuminé d'y a des millénaires, ça sera une plus grande avancée que d'avoir marcher sur la lune. Et la banquise se détache, sous les caméras, maintenant tout est filmé, j'me demande si il reste des choses qui n'ont pas déjà été figé sur photo ou télé ? J'me demande si un jour notre sperme ne sera pas numériser, compresser en fichier ? À la recherche d'une ovule en hypra-méga extra haut débit. Les capotes seront des anti-virus et des firewall. Ouais il n'y a pas d'amour heureux. De la passion ouais. Mais ce n'est que la peau morte de nos espérances. Y pas de vie à l'eau de rose, que de la chaux qui brûle notre épiderme. Le bonheur est une amère chimère que l'on espère avant que tout nous désespère. Alors, j'préfère me perdre le long de cette ondulation, me déchirer la gorge et les phalanges le long de ce tremblement, qu'aseptiser mon haleine malade. Nouez bien votre cravate compadré, la pluie est bleue fluo, j'vois tout flou, et j'ai la télécommande de la bombe A entre les mains, ça va chier des bulles psychédéliques de toutes les couleurs, amen.