Apologie du déconditionnement

Apologie du déconditionnement
Mon Je est Tu. Et tu es ce que je suis, l'ombre de mon souffle.

L'univers et Elle, et nos rires qui gobent le temps, tout est là, ça fond de chacune de mes syllabes comme la cire transpire des bougies. Mon ami, mon pote d'été comme d'hivers, procrastinons à l'infini le bleu de nos rêves, l'océan, après tout ne s'en ira pas. Et nos poèmes prennent le large. Que les néons des supermarchés explosent sous notre fureur d'aimer. Que les Curriculum Vitae brûlent, mon existence au creux d'ce cendrier, que la république de papier s'affaisse sous le poids de sa gangrène. Si nos veines fleurissent des putains d'soleils couchants, j'préfère rester assis, dessiner les sourires et la rue qui s'emballe, que filer cent ans pour une cause absente de sens. Je ne changerais pas la couleur des orangers, ni la mitraille absurde, ni la noirceur noble. Je ne changerai pas le système sociétal, toi peut-être, mais qu'en feras-tu ? La seule révolution est spirituelle, plus de pouvoir, plus d'état, plus de loi, l'anarchie des corps et des esprits, en un même lieu commun, l'Univers, et Elle. Ça n'existe pas les miracles, ça n'existe pas Dieu, et toutes ces croyances perdues.. Et je vois l'aube qui faiblit sous nos pas bileux, sous nos airs frileux.
J'entends des femmes qui chantent. Écoutes. Cette mélodie porte et m'emporte, nous transportent, au delà, écoutes, écoutes cette légèreté qui bat, écoutes son pouls, écoutes son soupir, chaque intonation est une note, chaque blanc une antichambre à songe. Perds-y ta cage, prends-y ton élan.
Agrippes-toi à nos épaules, si le vertige te prends, il y aura toujours nos vers pour te rendre ivre, il y aura toujours notre sincérité pour cautériser tes peurs. Et qu'enfin cette mer de merde s'assèche jusqu'à la dernière goutte de puanteur.
J'aime ton charnier artériel mon frère, il est plus vrai que toutes les palabres masturbatoires de nos élites aliénées. Allez, je bouffe encore de l'encre, écrivain raté, tant pis, Épicure je t'aime, et je saute du pont de la raison, l'eau est glaciale mais pure comme la solitude et la folie où j'me baigne.
Mec, ça sert à rien, n'égosille plus ta haine, assumes et exprimes juste ta peine, ranges ta salive amère, je suis l'Amer.

Je suis l'invisible calque sur nos peaux. Je porte en moi cet air de vieux blues, qui vous remue l'appendice et l'âme.
Les grelots suspendus à nos joues, on chiale toujours nos coccinelles noires. Et la pluie se suspend comme des étoiles de coton sur un ciel vermeil.
Je suis une lune errante, je cherche juste mon orbite.


# Posté le dimanche 17 février 2008 22:50
Modifié le dimanche 17 février 2008 23:42

Ne surtout pas déranger. Rêve avec quelques milliards d'amis.

Ne surtout pas déranger. Rêve avec quelques milliards d’amis.
Au delà de notre rationalité, au delà de nos certitudes épurées. C'pas une robe de candeur qu'on enfile, bien au contraire. C'pas une mélodie d'espérance qu'on joue, juste de l'inespéré qui se joue de nous.

Bien-sur, les rachitiques de l'hippocampe vont vociférer, prônant le concret-roi, Mais, Toi, Petit Être Pensant, dormant, respirant, plaie-mobile dans la foule effilée, l'insomniaque que je suis s'en remet à ton jugement d'or. Lis mes mots, humes leur sincérité, et comprends que je suis là pour la substance et non l'arithmétique. Car, ami lecteur, tu rêves, tu rêves et c'est ça ton essence. Tu créées des putains d'nuages imaginaires. Et c'est pas du capital, c'est l'entreprise du sixième sens. Pressens la rosée oxymore, qui te chatouille le bout des phalanges. Cette impression de déjà-vu. Beauté de papier, sur fond noir, c'est la nuit qui prend son envol. Saisis-là. Osons user le présent. Refermant à la gueule de l'imparfait, nos écorchures de coton. La vie ne chôme ni l'été, ni le dimanche, alors que tu sois paumé ou non, libère cette légèreté qu'épouse si bien notre fantasmagorie insolvable. Je serais juste l'épicentre de ta secousse. Le point G de ton frisson. L' évadée nue, qui s'ballade sur chaque intonation de ta voix.


Regardes, dans nos bides y a une palette de lampions et de ronces qui dansent, viens, suivons leur pas.
# Posté le samedi 16 février 2008 11:29
Modifié le samedi 16 février 2008 13:33

D.D.

# Posté le mardi 12 février 2008 19:26
Modifié le mardi 12 février 2008 19:56

Monologue du sourd et muet

Monologue du sourd et muet





"La poisse, ça s'explique pas. C'est comme l'oreille musicale on l'a ou on l'a pas".



# Posté le mardi 05 février 2008 10:13
Modifié le samedi 16 février 2008 12:19

Il n'y aura plus d'Hivers

Il n'y aura plus d'Hivers

En c'moment, j'fais toujours le même rêve. Je vois un éléphant, avec une ville sur son dos.

Le pachyderme vole en battant de ses grandes oreilles, comme un oiseau avec ses ailes, et sa queue est comme une hélice de sous-marin. Et moi je suis là, coincé sur mon astéroïde, je tournicote autour, sans jamais l'atteindre.


# Posté le vendredi 01 février 2008 09:47
Modifié le mercredi 13 février 2008 12:57