Un délire fané

Un délire fané
Les notes se suspendent et flottent, et se vendent les mots, s'éclatent les bulles d'eau, loin des claques et du glauque, loin du morne et des morts-nés, je crois bien que la pluie d'un orage me plait.
Croire en l'Homme, c'est comme croire en Dieu, c'est un délire fané.
Et ce n'est pas la tache d'encre, ni les balbutiements du doute, non. Mais la Vérité n'existe pas. Alors dis-moi l'étranger, écris-moi la liberté, cries-moi l'éternité, et comme un soleil s'étend, couches enfin ton âme sur la Poésie et ses mers, sur cette larme millénaire qui perle le long de l'humanité jusqu'aux entrailles de cette pauvre Terre.

Croire en l'Amour, c'est comme croire au Miracle, c'est un délire fané.
Et ce n'est pas le blanc d'une colombe, ni les bons sentiments qui me feront pleurer. Car au fond du firmament file un facile mensonge. Celui de la joyeuse fin. Comme si l'on pouvait la qualifier. L'arrogance, ça doit être bien humain

Et si le chemin est un cercle. Et le terminus, qu'un nouveau départ, que feriez-vous ?
Croque-mort de la vie, apothicaires de la morosité, que seriez-vous ?

Le vent nous balaye, Lune, regardes, plus rien n'est pareil. L'ailleurs d'une ballade brûle dans le soir. Il n'y a plus de rose ni de noir. Juste la fureur de vivre. Juste un rêve qui vibre. Et à lui seul fait trembler tout ce conformisme ambiant, dans lequel on nous trempe depuis que l'on est enfant.

J'irai pisser contre ce monde-là.
# Posté le mercredi 30 janvier 2008 09:47
Modifié le jeudi 31 janvier 2008 08:01

J'ai essayé de plaire, aujourd'hui j'en ai plus rien à foutre.

 J'ai essayé de plaire, aujourd'hui j'en ai plus rien à foutre.



La peau des anges bleuit à la surface du globe, plus rien n'est sauf, et peu reste vrai.

Le soleil dérive sous un mouton céleste, en quête de plénitude, j'pars à la ramasse et j'me rabiboche. Ne me sers pas dans tes bras, nan sinon j'vais craquer, j'vais chialer comme un putain d'gosse.

Les matins où la gueule de bois est naturelle, on a le désir d'être léger. Caresser cette écume pâteuse, crever les pigeons du Sérieux, c'est loin le paradis, c'est loin votre idéal, c'est foutu votre espérance sans voix, j'lui préfère l'inespéré.

J'comprend plus rien.
J'veux palper le fleuve intérieur, pas faire d'la poésie juste pour faire bien et beau, j'veux pas impressionner les midinettes en recherche d'esthétique. Dépoussiérons Pessoa et nos envolées révolutionnaires, inverser la tendance, créons, créons, encore et encore, encore et toujours.




Interrogez-vous.


01
# Posté le samedi 26 janvier 2008 00:27
Modifié le samedi 26 janvier 2008 23:07

900 Million People Daily (All Making Love)

900 Million People Daily (All Making Love)
Ouais, on crèche entre rêve et merde. Mais, c'est pas si terne, il reste encore de l'espoir. Une noirâtre espérance, en nous, gît comme un cadavre, prêt à se relever ballant et blême. Au sein d'ce monde parano qu'est le mien, y a des sourires enfumés, des yeux dilatés, 20 ans de conneries, à s'abrutir le crâne, à se défoncer les synapses. Putain, j'vois des torches humaines, des anorexiques émotifs, des boulimiques sensoriels, et comme des prédateurs à l'affût de gibiers, on rôde la nuit jusqu'à l'aube, on s'vampirise. Chaque spliff est détecté et suivit à la trace, chaque dealer potentiel accosté, chaque détail est capté et analysé : une sirène, des caméras, des vigiles, flics, jeunes bimbos, toxs et branchés VIP, des pigeons à qui taxer de la thune ou des cigarettes, chaque détail compte, compte pour se faire un entier panorama de notre environnement.
Ouais, on crèche entre rêve et merde. Et c'est pas si terne, il reste encore de l'espoir. Une femme de quarante ans qui en fait soixante, en pleine overdose d'cocaïne, crachant sa bile, par à coups de plus en plus douloureux, jusqu'à l'étouffement. Elle porte pas le même nom de famille que moi, mais je crois bien que c'est celle qui m'a éjecté de son utérus il y a deux décennies d'ça, avant de m'abandonner dans une prison de plexiglas, des tuyaux et perfusions plantés dans tout mon petit corps. Avant elle s'appelait X, maintenant son identité s'est rallongé considérablement, j'suis passé de X à Emma. Enfants, les gosses autour d'moi me disait que ma mère devait être un cobaye de la science, ou bien un extra-terrestre, ou encore un agent secret. La réalité est bien moins imaginative. Elle est là, l'épaule droite dénudée, le front en sueur, sur la table, une pipe à marijuana, et un reste de ligne. Elle m'esquisse un léger sourire, une tempête de flocons de neige sur l'écran-télé. Ses yeux se révulsent, ses paupières vacillent et se referment progressivement. Une mouche vient se poser sur le bout de son nez. Le courant saute, plus de lumière. Je sors et me barre en RER.
Je fume une clope sur le toit d'un immeuble du XIIIème. Et je regarde les lumières d'Paris, et j'me dis que c'est toujours mieux que ne l'avoir jamais vu, nan ?

J'vais vous raconter une brève histoire :
"Fin d'soirée, Emma a un arrière goût de basse dans les tympans, comme si sa tête était dans un sas hermétique au son. Elle voit tout au ralentit, et perçoit la douce poésie de l'instant. Chaque foulée est une danse gracieuse, chaque geste un mouvement ondulé, chaque mot une mélodie de trombone soûl. Elle se caresse l'entre-jambe sur le canapé, et s'arrête soudainement pour regarder tout autour : à côté d'elle, un junkie pâle comate les joues embaumées de gerbe. En face, un trentenaire baise une jeunette sous LSD. À sa droite, sur une petite table, sont exposés des godes michés géants, des fouets, et un énorme bidon de bière vide. À sa gauche, sur le mur couleur nacre, est accroché une reproduction du Bleu de Klein, avec collé dessus du fromage à raclette fondu et caramélisé. Emma se dit que la toile a du fondre. Elle doit pas être loin d'la vérité. Quand Emma se masturbe, elle pense pas à son fidèle petit copain, ni à son fantasme sorti d'une comédie américaine, ou d'un clip R'n'B, non Emma pense à son cousin. Ouais, son putain de cousin. Et elle le rejoint une fois par semaine, en cachette, dans sa chambre à 200 bornes de chez elle."
Toute personne intentinée bien pensante vous dirait en une grande éloge à la tolérance, que l'amour n'a pas de sexe, religion, philosophie, idéologie, couleur, mais n'osera jamais remuer le tabou de l'inceste, des liaisons familiales, des amours ½dipiens. Il vous classe rapidement dans la catégorie «bizarrerie malsaine», entre les pédophiles, violeurs, sado-masochistes et autres comportement marginals et violents, alors que c'est juste un atypisme sentimental, une anormalité de m½urs. J'veux dire, maman aimait mon père, qu'il soit le pape ou son prof de gym aquatique, on s'en branle. Ok, la consanguinité a du y joué pas mal dans mes problèmes de santé chronique, mais bordel de merde, mes parents s'aimaient. Peut-être au creux d'une folie crade et secrète, peut-être bien ouais, mais ils ont jouis pour me concevoir. J'suis pas un môme du désespoir, j'veux pas l'être, j'veux pas d'une condition, une nature qui me déterminerait à tout foirer dans la vie, y a pas de gènes pour se foutre en l'air, pas de chromosomes pour chialer des nuits et des nuits, à en crever, à se coincer l'½sophage à chaque douille tapée, à chaque crise croire qu'on va y rester.
J'essaye d'écrire une lettre à mon père, que j'ai jamais vu. Ça fait 6 mois que j'essaye et je sais pas, j'y arrive pas. J'arrive pas à trouver les mots justes, sans paraître trop, ou pas assez. J'veux pas qu'il ait de la pitié ou de la culpabilité, juste, j'aimerai j'en sais rien une sorte de reconnaissance, ouais de la reconnaissance, que j'existe pour quelqu'un. Mais les feuilles toujours trop blanches, finissent en boulle froissée au fond d'ma corbeille. J'aimerai juste lui dire : « P'tain 'pa, j'ai besoin de toi ». Mais l'espoir est une guimauve male-baisée, et jamais j'irai lui parler, j'risquerais d'lui briser sa nouvelle vie. Alors j'me nourris encore et encore de noirceur, de fureur et de schizophrénie, l'âme cramée, collée sur une photo de famille volée à des gens heureux. J'continue ma mort lente.
# Posté le mardi 22 janvier 2008 02:09
Modifié le mercredi 23 janvier 2008 13:34

J'aime le réel, j'aime pas une certaine nature humaine, et j'aime le monde, mais pas une certaine organisation de la société.

J'aime le réel, j'aime pas une certaine nature humaine, et j’aime le monde, mais pas une certaine organisation de la société.
J'suis pas un hippie. J'suis pas un anarchiste. Je suis pas un idéaliste. Je ne suis pas un utopiste. Je ne suis pas un alter-mondialiste.
Mais je suis à la fois tout ça,
et à la fois pas du tout.

Bohème ne rime pas qu'avec beau et sans geine.
et les routes font males, écorchent et pansent.
Elles sont fuites et révoltes.

Je ne suis pas écrivain, juste j'écris.
Ce que je fais ne me définis pas, et toi non plus.

"Il n'y pas d'homme ennemi "
disait Neruda, j'ajoute que son ami Allende s'est suicidé sous la pression de Pinochet un an avant sa mort.
La mort est le moment où l'être humain s'interroge, car il ne peut comprendre des choses qu'après choc et douleur.
Laissez-vous envahir par la douleur s'il le faut, mourrez en vie s'il le faut, mais comprenez.
Humer le palpable. Ressentez le poul d'Gaïa. Baillons, braillons, graillons, épicurons-nous cette chienne de vie.
Bordel, j'aime, et bordel j'veux pas que ça s'arrête.
J'cracherais sur mon halalli s'il le faut, sur les idées les plus profondes, je chierais sur cet instant de pure beauté, de pure poésie, pour que j'aime encore, et encore, et encore.
Trêve d'envolée lyrique. Plus les phalanges assez fortes pour ça.
On devient fou à effacer pigment après pigment, l'épiderme du monde. Comme un oignon qu'on épluche, on s'effrite cérébralement. Insiginfiantes sont les raisons. Osculter l'occulte. En avant l'introspection.

# Posté le samedi 19 janvier 2008 21:26
Modifié le samedi 19 janvier 2008 23:33

On nous a asservi à une illusoire liberté. Cette bouffée molasse nous étouffe de mou. Quoique t'en penses, quoique t'en dises, pars du principe que j'ai raison, et toi tort. C'est un peu près ce qui se passe dans quatre-vingt dix pourcents de nos échanges verbaux.Enfaîte tout le monde est conscient de la situation. Puis vient la résignation, puis l'acceptation, puis l'inversion, on commence à imposer ce que l'on aimait pas qu'on nous impose jeune. On entretient le cycle du totalitarisme. De la bêtise du machinal, du « c'est comme ça », « c'est ainsi », « c'est la vie, on ne peut rien y faire », tant de formule pour exprimer la même chose, l'impossibilité. Les hippies d'hier sont les conformistes d'aujourd'hui. Tout comme beaucoup de baba d'aujourd'hui seront les conformistes de demain, s'ils ne sont pas déjà ceux d'aujourd'hui. Bien sûr c'est une généralité que je viens de faire, à chaque règle : ses exceptions.

On nous a asservi à une illusoire liberté. Cette bouffée molasse nous étouffe de mou. Quoique t’en penses, quoique t’en dises, pars du principe que j’ai raison, et toi tort. C’est un peu près ce qui se passe dans quatre-vingt dix pourcents de nos échanges verbaux.Enfaîte tout le monde est conscient de la situation. Puis vient la résignation, puis l’acceptation, puis l’inversion, on commence à imposer ce que l’on aimait pas qu’on nous impose jeune. On entretient le cycle du totalitarisme. De la bêtise du machinal, du « c’est comme ça », « c’est ainsi », « c’est la vie, on ne peut rien y faire », tant de formule pour exprimer la même chose, l’impossibilité. Les hippies d’hier sont les conformistes d’aujourd’hui. Tout comme beaucoup de baba d’aujourd’hui seront les conformistes de demain, s’ils ne sont pas déjà ceux d’aujourd’hui. Bien sûr c’est une généralité que je viens de faire, à chaque règle : ses exceptions.
Quoi j'me plains ! Bah ouais , j'me plains et alors ? On a pas choisit nos familles recomposées, décomposées, nos parents flippés, possessifs, dépassés, usés, amers et égoïstes. On a pas choisit ce monde merdique, violent, aseptisé, où réussir prime sur la dignité, où la thune prime sur l'humain, où le temps prime sur l'important, on a pas choisit cette époque dépressive, où chacun tourne en rond et ne comprend pas le sens de l'existence, cette époque où tout le monde ment, se ment, des putains de non-dits encore et encore. On a pas choisit la ségrégation, le racisme, la guerre, la misère, la pollution, le monde politique, le fonctionnement sociétale, on a pas choisit tout ça bordel, on a pas choisit ce qu'on allait nous apprendre à l'école, pas choisit nos professeurs, nos établissements, on a pas choisit notre géographie, pas choisit notre histoire, et plus tard dans notre jeunesse on découvre désabusé, que même notre avenir, en réalité, on allait peut-être pas trop le choisir non plus, parce que derrière c'est les parents, parce que derrière c'est les profs, les dirlos, les copains, les devoirs, les responsabilités, la thune, la réussite, le regard des autres... Alors ouais putain je me plains, c'est légitime. Faut arrêter d'nous faire croire qu'ici c'est merveilleux, parce que la situation est moins pire qu'en Chine, qu'au Pérou, qu'en somalie. Ici aussi c'est la merde, des gens dorment dehors, sous le froid et le mépris. Ici, des gens crèvent la dalle, font la queue à la soupe populaire, font la queue au Ed du coin, s'acheter de la merde, pour caner à quarante ans de diabète, de cholestérol, ou de putain d'problème cardiaque. Ici, c'est l'essence même de la merde mondiale. Cette masse ronde où gesticulent et fourmillent des milliards et des milliards de vies invivables. Parqués et confinés dans des geôles infâmes, dans des barres d'un kilomètre de long, dans des tours d'une centaine d'étages. Et ce machinal quotidien terrestre tournicote, chacun vaques à ces occupations hebdomadaires, comme si de rien était, comme si tout était normal. Et une semaine passe, et le mois passe, et l'année passe, et dix ans passent, et rien, rien d'essentiel autour de nous, rien d'essentiel en nous, tout n'est que dégoût et peur de l'incertain ... alors, oui j'me plains, j'me plains d'être ici, et eux là bas, j'me plains de ce que mes parents, grands-parents, arrière-grands-parents, anciens, jusqu'aux aïeuls les plus lointains, ont contribué et entretenu .. Bien-sûr certains ont résisté, plus d'autres, moins, qu'importe, c'est toujours la même merde, toujours le même système du dominé/dominant, cet asservissement, cet abrutissement, et tout ces nouveaux phénomènes pervers liés à l'époque, la publicité, la télévision, Internet... Alors ouais j'me plains, et j'ai pas finis je crains.
# Posté le vendredi 18 janvier 2008 13:00
Modifié le vendredi 18 janvier 2008 14:02