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L'océan est brouillé, tout est embrouillé. Je devrais être six pieds sous terre, mais je suis à six pieds au dessus de la mer, à deux doigts de tout perdre. Le ciel est bariolé de coton, j'roule ma douzième clopes, et j'ai ta bouille collée comme une cloque contre ma peau. Je veux continuer cet excès, frissonner, frissonner encore, encore et encore. Décrocher tes grelots, arracher tes mots, par flot, dissoudre la foule en un soupir, et t'étendre en un sourire. Je veux m'empaler vif sur tes dents, empailler mes artères dans tes bras, foutre mon nez au creux de ta nuque, et ne plus en bouger; plus jamais. Je veux danser dans tes boucles de cheveux, je veux tes seins sur mes côtes, tes reins au bout de mes rires, je veux que tu vrilles sur moi, que tu te grilles en moi, que tu cambres ta voix. Allez, poses nue, là, que je croque chaque trait de ta silhouette. On accouchera que d'art et de rage, alors j'crame l'ébauche de nos écorchures salées. Faut qu'on arrête putain, qu'on arrête de se défoncer, on ressemble à la mort. Et je suinte la pourriture de chacune de mes pores. Des étoiles pâles se crachent de ma bouche, et je dégueule ma peine au fond de chiottes de papier. Je suis l'épiderme du désespoir. Mais je cache ma plaie derrière une forêt de phrases. L'ecchymose n'est pas indélébile, et ta paume efface l'haleine de mes fantômes.
# Posté le samedi 15 mars 2008 08:20

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